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Critique de Konrad Curze : Hante-la-Nuit par Magos L4 74L3

Publié le Vendredi 27 février 2026 | 5 révisions avant publication | 1 correction après publication

— Sevatar, Sevatar… Tu ne doutes jamais. Tu es toujours sûr de la voie à suivre. Jamais tu ne plies, ni ne romps. Si loyal, si imperturbable, ajouta le primarque en sondant les traits de son premier capitaine.
— Il n’y a pas de doute à avoir. Les coupables doivent être châtiés.
— Je me demande parfois ce que tu ferais si je te demandais d’entreprendre des actions que tu jugerais injuste.
— Je m’opposerais à vous, même si vous me tuiez.
Curze hocha la tête, même si, en son for intérieur, il savait que ce n’était pas vrai, et que le sort de Sevatar lui causerait beaucoup de douleur avant qu’il ne puisse retrouver un semblant d’équilibre. Par loyauté, Sevatar suivrait Curze dans d’insondables ténèbres avant de revenir à la surface. Le primarque saisit des bribes de tout ceci. Son ultime destin lui était dissimulé, mais le véritable esprit de la légion s’incarnait dans son premier capitaine, et ce serait grâce à lui que la Huitième survivrait.
— Je te confie cette entreprise, mon fils.
— Ah, vous me donnez du « mon fils » aujourd’hui ? Vous virez au sentimentalisme.
— Je ne suis plus tout à fait moi-même, répondit Curze, qui ne plaisantait qu’à moitié.
Il se demanda si Sevatar imaginait à quel point son Primarque était devenu une coquille vide.

Autant vous dire que je n’attendais rien de ce roman, d’abord parce que c’est un roman Primarch (la série à plutôt tendance à décevoir) et ensuite parce qu’il est sur Konrad Curze que je n’apprécie pas beaucoup de par le fait que je le trouve rarement bien écrit et très peu nuancé.
Mais une fois de plus Guy Haley à démontré son talent et m’a fait passer un très bon moment. Vous imaginez donc ma surprise lorsque je me suis rendu compte que je n’arrivai pas à lâcher ce roman sur ce pitoyable fils de l’Empereur qu’est Curze.

Pour moi ce roman à plusieurs forces :

Son écriture et son ton. On sent que l’auteur maîtrise sa plume, il nous met directement dans une ambiance sombre à souhait à grand renforts de détails souvent déplaisant mais ô combien immersifs. Le ton quant à lui colle très bien à l’ambiance avec quelques petites pointes de cynisme qui m’ont décroché des sourires.

Son scénario qui montre plusieurs évènements impactant de la vie du Primarque et de la légion. Que ce soit des évènements de la jeunesse de Curze qui l’ont marqué, le putsch qui à renversé le gouvernement de Nostramo que Konrad avait mis en place ou bien des conversations qu’il à eu avec ses fils, tout les éléments abordés ont leur importance et ajoutent de l’épaisseur au personnage ou dévoilent quelques zones d’ombres.

Tout ces détails influent grandement sur une autre de ses forces qui est :

Le développement du personnage principal. Dès le début l’auteur va mettre en place le fil conducteur du récit : Curze sais qu’il vit son dernier jour, il à donc décidé de « sculpter » avec de la chair une effigie de l’Empereur pour lui parler, régler ses comptes avec lui et démontrer qu’il n’a fait que ce pour quoi il à été créé.

C’est autour de ce monologue que toute l’histoire va se dérouler et nous permettre de mieux saisir tout l’état d’esprit de Curze (même si cela avait été déjà été abordé dans d’autre roman de l’hérésie, ici c’est montré plus en détails).
Une chose intéressante est de voir que le psychopathe en chef n’a pas la conscience si tranquille que ça et que le doute n’est jamais loin.

Je tiens quand même à dire que le gore est parfois un peu lourd, après ce n’est pas forcément quelque chose que l’on peut reprocher au livre parce que ça fait aussi parti du personnage et la légion.

Il y a aussi un passage sur le choix et le destin qui est marquant et que je ne spoilerai pas. Ces thématiques reviennent plusieurs fois et l’on voit que c’est ça qui viendra titiller la conscience de Curze jusqu’à la fin.
La psychologie du Night Haunter est vraiment décortiquée, on nous en dévoile beaucoup de nuances. C’est un élément auquel je suis sensible quand c’est bien réalisé comme ici.
Cela ne m’a pas fait changé d’avis sur lui pour autant, mais comprendre toute la logique qui l’a mené sur cette voie est vraiment un gros plus. Surtout que c’est bien mené de part tout les flashback disséminé tout au long du roman.

D’ailleurs les derniers chapitre son réellement savoureux, j’ai vraiment pris plaisir à le lire jusqu’au bout, ce qui est un exploit étant donné à quel point j’exècre ce Primarque et cette légion (sauf Sévatar qu’il est difficile de ne pas aimer).

D’ailleurs Sevatar et le comte peint vont faire des apparitions qui apporteront à l’histoire de la légion à son ensemble.

Chose intéressante, dans la nouvelle « Le roi sombre » on apprenait que Curze avait détruit Nostramo, mais ici on va voir comment ça s’est passé et comment à réagi sa flotte. C’était un petit plus très sympathique.

Ce n’est pas un roman parfait, j’y ai trouvé quelques longueurs et un ou deux passages dispensables mais dans l’ensemble il est vraiment bon. À mon sens à totalement sa place dans les meilleurs roman Primarch au côté d’Alpharius et du Khan.

Un petit élément qui à dérangé le maniaque que je suis c’est la façon du roman d’alterner entre l’appellation « Night Hauter » et « Hante la nuit » tout au long du récit. J’aurai préféré que le traducteur en choisisse une et s’y tienne tout du long.

J’aurais quand même aimé que le roman se termine d’une autre façon, qui pour moi aurait été la cerise sur le gâteau.

Les plus

  • Une écriture maîtrisée.
  • Le ton très plaisant à lire.
  • Beaucoup d’éléments sur Curze et la déchéance de sa légion.
  • Une bonne plongée dans la psyhcée de Curze.

Les moins

  • Quelques passages dispensables.
  • Le gore qui certes est nécessaire mais parfois trop exagéré.
  • L’alternance « Night Haunter » « Hante la nuit » qui dérange un peu.
4/5

Un très bon roman qui ferai presque étude de personnage tellement il permet de donner du relief et de comprendre les nuances de Konrad Curze. Le récit est mené d’une main de maître par Guy Haley qui réussi à me faire passer un très bon moment en la pire des compagnie possible. Une lecture nécessaire si l’on veut comprendre la déchéance des Night Lords en 30K ou simplement lire un bon roman. Je le recommande même si vous n’appréciez pas la VIII éme.